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OEUVRE D'ART RUE DE TUNIS

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Le street art dans l'Archipel de Thau 

Quand les murs racontent une histoire

Dans l’Archipel de Thau, l’art ne se cantonne pas aux galeries d’art et aux musées. Il s’exprime en grand format, au détour d’une rue ou sur un mur face à la mer, laissant libre court à l’imagination d’artistes d’ici et d’ailleurs. De Sète à Mèze, en passant par Frontignan, le street art habille les villes et révèle leurs singularités, faisant de ce territoire méditerranéen une destination prisée des amateurs d’art urbain. Partez-vous balader en solo, en famille ou en amoureux et levez les yeux : l’art est partout autour de vous.

Le MACO Pionnier de l'art urbain méditerranéen

Depuis 2008, Sète possède son MACO – Musée à Ciel Ouvert. Cette initiative audacieuse, née lors du festival K-Live, a transformé la ville en véritable galerie urbaine où plus d’une quarantaine d’œuvres dialoguent avec l’architecture méditerranéenne.

Chaque année, lors du festival K-Live entre mai et juin, des artistes phares du street art mondial investissent les murs sétois. Le parcours artistique serpente le long des canaux, grimpe dans le Quartier Haut, flâne à la Pointe Courte et explore les recoins authentiques de la ville.

Les noms qui ont marqué les murs font rêver les connaisseurs : C215 et ses pochoirs poétiques, Philippe Baudelocque et ses dessins monumentaux à la craie, Seth Globepainter et ses personnages colorés, Levalet et ses silhouettes malicieuses, Kashink avec son univers pop, ou encore Ememem qui raccommode les trottoirs avec des mosaïques de carrelage.

La fresque dédiée à Agnès Varda par Barbara Carrasco à la Pointe Courte reste emblématique. Ce quartier mythique, immortalisé par la cinéaste, accueille désormais son portrait vibrant entre filets de pêche et façades colorées des maisons de pêcheurs.

Le respect du travail des artistes frappe immédiatement. Contrairement à d’autres villes, Sète préserve jalousement son patrimoine urbain. Les œuvres ne sont pas recouvertes de tags : une véritable tradition du street art s’est ancrée dans l’ADN de la ville.

Le festival K-Live

Chaque printemps, Sète s’anime au rythme du K-Live. Ce festival pionnier a anticipé l’essor de l’art urbain en France. Durant une semaine intense, la ville devient un laboratoire créatif où le public assiste en direct à la naissance des œuvres.

La programmation propose K-Live Beach Party pour lancer les festivités les pieds dans le sable, K-Live Young qui donne carte blanche aux jeunes artistes régionaux émergents, K-Live Kids pour initier les enfants aux techniques du street art, K-Live Women qui met à l’honneur les artistes féminines, et le K-Live Exquis – version urbaine du cadavre exquis surréaliste où deux artistes créent à l’aveugle une œuvre commune.

En 2026, pour la 19ème édition prévue du 2 au 7 juin, de nouvelles surfaces seront investies grâce à des collaborations avec l’IFREMER, Habitat Jeunes, le Club SC Sète et l’ESAT de Frontignan. Le festival ne se contente pas de créer : il transmet. Les ateliers multiplient l’accès aux différentes techniques en favorisant une approche pédagogique et écologique. Et pour clôturer en beauté, le K-Live Klub transforme le Théâtre de la Mer en dancefloor à ciel ouvert face à la Méditerranée.

L’Office de Tourisme de Sète propose des visites guidées tout au long de l’année, durant environ deux heures à travers la ville. Le parcours d’environ 2 kilomètres avec du dénivelé permet de saisir toute la dimension artistique et urbaine de ce projet unique. Un plan du MACO est également disponible pour les explorateurs indépendants qui préfèrent flâner à leur rythme.


Mèze Transformateurs colorés et chapelle artistique

À quelques kilomètres de Sète, Mèze a développé sa propre identité artistique avec deux initiatives remarquables qui transforment l’espace urbain et patrimonial.

Les transformateurs électriques : de l’utilitaire au poétique 

Depuis 2024, la ville transforme les transformateurs électriques en supports artistiques. Finies les boîtes grises et anonymes ! Place à la couleur, à la poésie, à l’imaginaire qui embellit le quotidien.

Dans le cadre d’un budget participatif, huit transformateurs ont été métamorphosés par quatre peintres et un graffeur. Ces cubes de béton, indispensables à la distribution électrique mais souvent ignorés du regard, sont devenus des éléments visuels remarquables qui colorent les rues de Mèze.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement observé partout en France. Enedis, gestionnaire du réseau électrique, a développé des partenariats avec les communes et les artistes pour redonner vie à ces « maisonnettes » d’environ 12 mètres carrés. L’objectif ? Enjoliver le mobilier urbain, créer de la cohésion sociale, et offrir aux artistes locaux une visibilité qu’ils méritent.

Les transformations sont étonnantes. Un cube austère se pare d’oiseaux multicolores qui semblent s’envoler vers la lagune, un autre dévoile des paysages méditerranéens baignés de lumière, un troisième célèbre la faune locale dans des compositions qui mêlent réalisme et fantaisie. Les thèmes choisis reflètent l’identité du territoire : la lagune omnipresente, les vignes qui ondulent sur les coteaux, le patrimoine naturel exceptionnel. Chaque œuvre est le fruit d’une réflexion collective entre les artistes, la municipalité et Enedis pour harmoniser les créations avec leur environnement.

Ces transformateurs décorés deviennent des points de repère dans la ville, des sujets de conversation entre voisins, des prétextes à la promenade pour les habitants. Les visiteurs, appareil photo en main, partent à leur recherche comme dans une chasse au trésor urbaine, créant un parcours artistique improvisé au fil des rues.


La Chapelle des Pénitents  L'art au service du patrimoine

Place Monseigneur Hiral à Mèze, la Chapelle des Pénitents Blancs surplombe majestueusement l’étang de Thau. Cet édifice roman du XIIe siècle, également appelé Notre-Dame des 7 Douleurs, est devenu depuis 2016 un écrin estival pour l’art contemporain avec l’exposition « Sacré St Art ».

L’initiative est portée par l’association Les Amis des Pénitents et les Éditions d’Art Anagraphis. L’objectif ? Récolter des fonds pour la restauration de cette chapelle fragilisée par les embruns et l’air marin salé qui attaquent ses pierres centenaires. Du 5 juillet au 31 août chaque été, le lieu accueille artistes peintres, sculpteurs et street artistes dans un mariage étonnant entre patrimoine sacré et création urbaine contemporaine.

En 2025, l’exposition « Sacré St Art – Acte X » a célébré sa dixième édition avec une rétrospective réunissant les œuvres de tous les artistes invités depuis la création de l’événement en 2016. Parmi les invités des années passées :

Polar qui vient du street art et apporte son univers urbain dans ce lieu de recueillement, Bella Bah formé à la sérigraphie et ses compositions graphiques percutantes, Momies avec ses modules géométriques inspirés du graffiti qui dialoguent avec l’architecture romane, ou encore Salamech et Camille Adra. Une diversité de styles qui témoigne de la richesse de la scène artistique locale et de l’ouverture d’esprit de cette initiative.

Cette exposition s’accompagne du Festival « Sur tous les tons » qui programme six concerts de musiques diverses dans la chapelle même. Jazz, musique classique, world music : la programmation éclectique attire un public varié. Ce partenariat symbolique fait appel à l’art pour contribuer à la sauvegarde de l’édifice. L’entrée se fait au profit de la restauration, une belle façon de conjuguer plaisir esthétique et action patrimoniale. Les visiteurs repartent avec l’émotion de l’art et la satisfaction d’avoir contribué à préserver ce joyau architectural.

Frontignan un parcours artistique international

 

Depuis 2022, Frontignan s’est lancée dans l’aventure du street art avec ambition. Dans le cadre du festival Sete Sois Sete Luas (Sept Soleils Sept Lunes), la ville accueille chaque année des artistes de renommée internationale qui transforment ses murs en œuvres monumentales. Ce réseau favorise les échanges culturels entre pays lusophones et méditerranéens, créant un véritable parcours urbain baptisé « Art dans la rue ».

 

Des artistes venus du monde entier ont posé leurs pinceaux sur Frontignan. Zed1 d’Italie avec sa fresque « Cherchez la perle en vous », Mohammed Roshdi du Maroc représentant un pêcheur traditionnel, Joël Rollinger du Luxembourg, Daniela Guerreiro et Tamara Alves du Portugal avec leurs créations inspirées de la nature méditerranéenne, João Ribeiro et son flamant rose coiffé d’un canotier au local des jouteurs – clin d’œil aux traditions locales – ou encore Diavù avec « Se Canto », hymne vibrant à la culture occitane.

 

Chaque fresque dialogue avec le territoire frontignanais : faune et flore méditerranéennes, traditions maritimes, patrimoine viticole avec le célèbre Muscat. Une galerie à ciel ouvert qui valorise le patrimoine tout en l’inscrivant dans une dynamique culturelle internationale.

 

Pour découvrir ces œuvres, des QR codes disséminés autour des fresques permettent une découverte autonome. Un livret explicatif disponible dans les lieux culturels (médiathèque, office de tourisme) approfondit la connaissance des artistes. La promenade relie les différentes créations dans un parcours accessible à tous.

Préparer sa visite street art

Le plan du MACO est disponible sur k-live.fr ou à l’Office de Tourisme de Sète. Le MACO se découvre toute l’année, mais pour assister à la création des œuvres en direct, privilégiez fin mai-début juin lors du festival K Live.

Les visites guidées sont proposées par l’Office de Tourisme de Sète, notamment durant les vacances scolaires. Comptez 2 à 3 heures pour une découverte complète. Attention, le parcours comprend des escaliers peu adaptés aux poussettes.

  • À Mèze, l’exploration des transformateurs se fait en liberté : laissez-vous porter par la déambulation urbaine et ouvrez l’œil. La Chapelle des Pénitents accueille expositions et événements artistiques ponctuellement tout au long de l’année, avec une programmation intense l’été.
  • À Frontignan, le parcours urbain se découvre librement. Les QR codes placés près des fresques racontent l’histoire de chaque œuvre et présentent les artistes. Le livret disponible dans les lieux culturels complète ces informations. Les visites guidées sont organisées lors des vernissages qui suivent chaque édition du festival Sete Sóis Sete Luas.
  • À Poussan, les trompe-l’œil se nichent dans le centre ancien. Levez les yeux en vous promenant, la surprise surgit au détour d’une rue. L’idéal reste de flâner sans itinéraire précis et de se laisser guider par la curiosité.

Pour les photographes, les jeux de lumière changent selon les heures. Le matin, la lumière rasante fait ressortir les reliefs. En fin d’après-midi, les couleurs gagnent en chaleur. N’hésitez pas à sortir des sentiers battus : les plus belles pièces se cachent dans des ruelles discrètes.

Entre traditions méditerranéennes et créativité contemporaine, l’Archipel de Thau a trouvé son équilibre. Les murs parlent, racontent, émeuvent. Les transformateurs électriques deviennent poèmes visuels. Les chapelles se muent en galeries. L’art urbain a conquis ce territoire avec la même force tranquille que les vagues qui caressent le bassin de Thau. Et cette histoire, écrite à la bombe aérosol et au pinceau, n’en est qu’à ses premiers chapitres. Les murs de l’Archipel ont encore tant de belles choses à nous raconter…

Sources

Site officiel du festival K-Live (k-live.fr) – Office de Tourisme Sète Archipel de Thau (tourisme-sete.com, archipel-thau.com) – Ville de Sète (sete.fr) et Ville de Mèze (ville-meze.fr) -Association Les Amis des Pénitents de Mèze (lespenitentsmeze.wixsite.com) – Hérault Tribune – Articles sur l’art urbain et les transformateurs de Mèze – Ville de Frontignan (frontignan.fr) – Parcours urbain Art dans la rue – Tourisme Hérault (herault-tourisme.com) – Art urbain dans l’Hérault – Webzines spécialisés : Fish and Child, Lucky Sophie, Les Découvertes de Fab – L’Usine Nouvelle – Postes électriques décorés par Enedis