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Oliveraie du Moulin de la dentelle

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S. Ceron_OT Thau

Faune et Flore de l'Archipel de Thau  Une biodiversité méditerranéenne exceptionnelle

Entre la Méditerranée qui scintille au sud, la lagune de Thau qui s’étire sur 7 500 hectares, et les collines de garrigue qui grimpent vers le massif de la Gardiole, l’Archipel de Thau abrite une mosaïque d’écosystèmes remarquables. Chaque milieu naturel développe sa propre faune et sa propre flore, adaptées aux contraintes du territoire : l’eau salée pour certaines, la sécheresse méditerranéenne pour d’autres. Classée site Natura 2000 sur plus de 8 320 hectares, cette biodiversité fait l’objet d’une protection rapprochée. Partons à la découverte de ces richesses naturelles qui font de l’Archipel de Thau un véritable bijou écologique.

Côté lagune de Thau Les poumons verts de la Méditerranée

La lagune de Thau cache sous ses eaux un trésor méconnu : l’un des plus vastes herbiers de zostères des côtes languedociennes. Ces prairies immergées couvrent près d’un tiers de la lagune, soit 2 400 hectares. Deux espèces cohabitent : Zostera marina et Zostera noltii, plantes marines qui ressemblent à de longues herbes ondulant dans le courant.

Ces herbiers jouent un rôle crucial. Nurserie pour les poissons, zone de frayère, habitat privilégié pour des dizaines d’espèces : ils assurent la triple fonction de refuge, garde-manger et maternité. Leur état de conservation témoigne de la bonne santé de la lagune. L’absence de marées en Méditerranée leur offre des conditions idéales : une épaisseur d’eau constante qui évite le gel et permet leur maintien par reproduction végétative.

Côté faune aquatique, les chiffres sont éloquents. La lagune abrite 88 espèces de poissons, dont 16 sédentaires comme l’hippocampe moucheté, le blennie paon ou le spirographe. Parmi elles, 17 sont considérées comme rares et 40 comme exceptionnelles. Les mollusques comptent 70 espèces (seiches, palourdes, huîtres, moules), les crustacés 110 espèces (crabes, crevettes, puces de mer), les échinodermes 12 espèces (étoiles de mer, oursins), sans compter 18 espèces de cœlentérés (coraux, anémones, méduses).

Le plancton fourmille également : 125 espèces de zooplancton (crustacés microscopiques, larves de poissons et mollusques), plus de 100 espèces de protozoaires, 196 espèces de végétaux et 100 espèces de phytoplancton. Cette richesse extraordinaire explique pourquoi la lagune atteint une profondeur maximale de 11 mètres, ce qui la classe comme la plus profonde du Languedoc après l’étang de Berre.

Les oiseaux des zones humides

Les bordures de la lagune comptent 14 zones humides classées Natura 2000 : sansouïres, roselières, plages et dunes. Ces milieux accueillent 15 espèces d’oiseaux sous protection européenne. La lagune abrite notamment la principale colonie reproductrice de Sternes caugek du littoral méditerranéen français, espèce classée d’intérêt communautaire du fait de sa rareté.

La Crique de l’Angle à Balaruc-le-Vieux sert de refuge aux grands échassiers : flamants roses qui se sont sédentarisés, mouettes rieuses, goélands, avocettes, aigrettes, grèbes huppés, hérons cendrés. On y observe aussi le busard des roseaux, le canard Colvert, le Tadorne de Belon. En été, des migrateurs viennent nicher dans les eaux : sternes, gravelots. En hiver, d’autres espèces fréquentent l’étang lors de leur voyage migratoire : grand cormoran, bruant des roseaux.

Côté mer Méditerranée  Entre dunes et pinèdes protégées

Le Lido qui sépare lagune et Méditerranée sur douze kilomètres forme un écosystème fragile classé Natura 2000. Les dunes fixées par une végétation spécialisée abritent des espèces rares protégées par le Conservatoire du Littoral. Cette flore dunaire s’accroche au sable mouvant grâce à des racines profondes et résiste au sel porté par les embruns.

Le bois des Aresquiers étire sa pinède entre étangs et Méditerranée. Ce cordon boisé de neuf kilomètres protège une biodiversité remarquable. Les pins maritimes et pins parasols offrent leur ombre à toute une faune méditerranéenne. Dans les anciennes salines transformées en zone humide, flamants roses et hérons cendrés pataugent à la recherche de leur repas.

La Réserve Naturelle du Bagnas près de Marseillan déploie ses 600 hectares de zone humide. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 200 espèces d’oiseaux, 16 espèces de reptiles, 9 espèces d’amphibiens, 30 espèces de mammifères, 25 espèces de poissons et 418 espèces d’insectes. Cette concentration exceptionnelle de biodiversité justifie son classement en site Natura 2000 et son ouverture au public lors d’animations encadrées tout au long de l’année.

Côté garrigue

 Le royaume des plantes aromatiques

Quand on monte vers les collines qui ceinturent la lagune au nord, le paysage change. La garrigue prend le relais, cette végétation basse et ouverte typique des sols calcaires méditerranéens. Elle tire son nom du chêne kermès – garric en occitan –, arbuste piquant aux feuilles coriaces qui résiste admirablement aux incendies et à la sécheresse.

Le printemps transforme la garrigue en explosion de couleurs et de parfums. Le jaune des genêts d’Espagne et de l’ajonc de Provence éclabousse les pentes. Le rose des cistes cotonneux dont les feuilles portent une feutrine blanche isolante se mêle au violet du thym et de la lavande. Le bleu de l’aphyllante de Montpellier, le blanc des asphodèles ponctuent le tableau. Les orchidées sauvages profitent des pluies printanières pour déployer leurs formes délicates dans toute leur diversité.

Les plantes aromatiques règnent en maîtres : thym, romarin, origan, sarriette exhalent leurs essences volatiles qui les protègent du soleil et des herbivores. Le genévrier cade reconnaissable à son bois très odorant côtoie le pistachier térébinthe, le filaire à feuilles étroites, le nerprun alaterne. Ces arbustes ont développé des adaptations remarquables : feuilles petites et coriaces pour limiter l’évaporation, racines profondes pour atteindre l’eau, capacité à repousser après le passage du feu.

 La faune de garrigue

Cette végétation abrite une faune discrète mais bien présente. Le chant strident des cigales accompagne l’été provençal. Les reptiles se chauffent sur les pierres : lézard ocellé (le plus grand d’Europe), couleuvre de Montpellier, lézard vert. Les oiseaux aussi occupent le territoire : perdrix rouge, fauvette pitchou, fauvette méridionale, pie grièche à tête rousse, bruant ortolan et traquet.

Les mammifères restent plus difficiles à observer mais peuplent les garrigues : lapin de garenne, renard, sanglier qui trouve refuge et nourriture dans ces étendues caillouteuses. La nuit, les rapaces nocturnes chassent, profitant de l’abondance de petits rongeurs.

Côté massif de la Gardiole Entre garrigue et forêt méditerranéenne

Le massif de la Gardiole qui culmine à 237 mètres à la Croix de Saint-Antoine est classé ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique) pour son caractère remarquable. Cette reconnaissance témoigne de la richesse de ses écosystèmes qui alternent garrigue rase sur sols calcaires affleurants et forêts de chênes verts et pins d’Alep sur les versants.
Le chêne vert (Quercus ilex), plus grand que son cousin le chêne kermès, compose des boisements qui offrent ombre et fraîcheur même en plein été. Les pins d’Alep se sont adaptés aux conditions difficiles : sols pauvres, sécheresse estivale, risque d’incendie. Leur résine les protège, leurs aiguilles limitent l’évaporation, leurs cônes résistent au feu et libèrent leurs graines après le passage des flammes.

Dans les zones plus humides, on trouve des espèces qu’on ne croise pas en garrigue pure : arbousiers aux fruits rouges comestibles, bruyères arborescentes, sumacs des corroyeurs, oliviers sauvages. Cette diversité d’arbres et d’arbustes crée des micro-habitats qui favorisent une faune variée.

Les sentiers qui parcourent le massif révèlent des panoramas spectaculaires sur la lagune de Thau côté nord et sur la Méditerranée côté sud. Cette position de belvédère naturel permet d’embrasser d’un seul regard toute la mosaïque des paysages de l’Archipel de Thau : l’eau qui scintille en contrebas, les tables ostréicoles qui ponctuent la lagune, les villages perchés sur leurs promontoires, et au loin les Pyrénées par temps clair.

Un patrimoine naturel à préserver

Cette richesse exceptionnelle de faune et de flore ne va pas de soi. Elle résulte d’un équilibre fragile entre activités humaines et préservation de la nature. Le classement Natura 2000 de plus de 8 320 hectares, la gestion par le Syndicat mixte du bassin de Thau, la surveillance constante de la qualité de l’eau, les zones protégées comme la Réserve du Bagnas : tous ces outils visent à conserver durablement cette biodiversité remarquable.

Les menaces existent : urbanisation croissante, fréquentation touristique importante en été, risques de pollution, changement climatique qui modifie les conditions de vie des espèces. Face à ces défis, l’Archipel de Thau a fait le choix d’une gestion responsable, validée par l’obtention du label Green Destinations Silver 2025.

Quand vous vous promenez dans ces espaces naturels, vous marchez sur un territoire vivant qui abrite 88 espèces de poissons sous vos pieds dans la lagune, 200 espèces d’oiseaux au-dessus de votre tête, des centaines d’espèces de plantes aromatiques qui embaument l’air que vous respirez. Cette nature méditerranéenne généreuse se découvre sur les sentiers aménagés du bois des Aresquiers, de la Crique de l’Angle, du massif de la Gardiole, de la Réserve du Bagnas.

Pour préserver ces trésors : restez sur les sentiers balisés, n’allumez jamais de feu, rapportez tous vos déchets, ne cueillez pas les fleurs (certaines espèces rares sont protégées), gardez vos distances avec la faune sauvage, tenez vos chiens en laisse dans les zones sensibles. Le respect de quelques règles simples permet à cette biodiversité exceptionnelle de continuer à prospérer pour les générations futures.

Sources

Syndicat mixte du bassin de Thau – Site Natura 2000 FR9101411 « Herbiers de l’étang de Thau » • Sète Agglopôle Méditerranée – Documentation lagune de Thau • Pôle Lagunes – Cartographie interactive • INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) – Fiches Natura 2000 • Réserve Naturelle du Bagnas (ADENA) • Office de Tourisme Archipel de Thau • Conservatoire du Littoral • ABC (Atlas de la Biodiversité Communale) de la Lagune